L’œuvre de FC Sofia s’inscrit dans une logique de tension et d’ambigüité constantes, nourrissant une vision de la culture populaire où se mêlent aliénation et rapports de force : tel un « folk art » jamais trop naïf cherchant à ausculter autant qu’à décoder le fonctionnement de nos sociétés, le travail de FC Sofia n’établit ni hiérarchie, ni distinction entre les cultures, les pratiques, les disciplines, dans la lignée du flat art japonais : design automobile, graphisme, art primitif s’y mélangent, s’y hybrident, s’y mixent dans une logique de métissage proche du custom et de l’appropriation art, au service d’un minimalisme pop. La formation de ces deux artistes explique en particulier ce curieux syncrétisme esthétique : venus du design industriel pour l’un et du graphisme (notamment dans le domaine du marketing de cosmétiques de luxe) pour l’autre, ils ont compris à quel point l’utilisation des codes d’une beauté formelle contemporaine, d’une esthétique industrielle efficiente anesthésiante, pouvait tromper le regard en lui donnant à voir une beauté trompeuse, ambigüe, à tiroirs –et par là même ouvrir une réflexion sur les limites et la relativité de la notion de beauté, dans une société où publicité, réseaux sociaux et individualisme croissant la consacrent jusqu’à l’excès.

The work of FC Sofia constantly combines tensions and ambiguity, developing a vision of mainstream culture where alienation and power struggles come together. A sort of not-so-naïve “folk art” which endeavors to scrutinize as much as it interprets the workings of society. It establishes neither a ranking of, nor distinctions between, different cultures, customs and disciplines, much in the tradition of Japanese flat art. Automobile design, graphics and primitive art are thrown together, hybridized and amalgamated in the sort of cross-fertilization that is found in the worlds of customization and appropriation art–used here to the benefit of a minimalist pop art. These two artists’ background goes some way to explain this intriguing syncretism: one hails from the world of industrial design, the other from the graphic arts (notably within the world of marketing luxury cosmetics). They thereby understand how much the conventions of formal contemporary style and an efficient anaesthetizing industrial aesthetic are able to trick the eye with a deceptive and ambiguous beauty. They prompt us to consider the limits and the plasticity of notions of beauty within a society which is devoted excessively to a combination of advertising, social networks and a growing individualism.

Nicolas Valains